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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 12:45

 

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L'auteur de Fraterphilo

Pascal Coulon

 

 

Formation en Lettres et philosophie à Paris X

puis à Jules Vernes (Picardie)

Désormais chercheur indépendant

 

Conférencier en philosophie et en histoire de l'art

dans des Universités Inter Age (Université de Caen), et désormais dans le Gard et le Vaucluse

 

 

Auteur, écrivain

 

Ouvrages : 

- Les groupes d'entraide, une thérapie contemporaine (L'Harmattan 2009)

       - René Girard, L'impensable violence (Germina 2012)

        - Penser la violence (Hermann 2018)

       - Le Lien à l'ère de l'individualisme (L'Harmattan, 2021)

       - Scènes primordiales de la philosophie (Hermann, 2022)

 

Nombreux voyages en Inde et pèlerin de Compostelle

 

Habite près d'Avignon

Père de Anna (1997) et Lou Salomé (2003)

 

aube

Aube sur le camino, entre Burgos et Leon (2010)

 

 

LE BLOG

Ce blog a été créé en avril 2010 à l’occasion de la publication et de la diffusion du livre de Pascal Coulon  Les groupes d’entraide, une thérapie contemporaine (l’Harmattan, Psychologiques, fév. 2009) et des débats qu'il a entraînés. Il contient plusieurs rubriques, liées aux différents centres d’intérêt et de réflexion, ainsi qu'aux activités de son auteur - rubriques qui sont connectées par des liens plus ou moins évidents et subtils entre elles. 

A un niveau très général, je dirais que ce lien est constitué par les idées de soins par l'entraide, de recherche d'évolution par les biais de la philosophie, de l'art ou d'expériences spirituelles comme des pélerinages. Je globalise, ou subsume, cet ensemble de connaissances et d'expériences sous le vocable un peu alambiqué de philosophie de "l'expérience-source d'évolution existentielle" (expression que j'explicite plus loin et que je décline dans les six catégories du blog) 

Autrement dit, il s'agit de réfléchir, construire, conceptualiser ce qui s’éprouve comme étant, de diverses manières, au principe d’une évolution, d’une transformation de soi, d’une modification plus ou moins fondamentale de l'existence. Cela peut passer par des processus d'émancipation par rapport à des phénomènes d'aliénation socio politique - et il en est largement question dans ce blog -, ou encore par des thérapies (analytiques ou non). Pour certains, l’histoire se charge de leur procurer ce type d’expériences (comme René Char qui assure avoir trouvé sa vérité dans la Résistance). Mais il existe aussi des pratiques moins  tragiques ou grandioses, telles que celles évoquées ici, et qui peuvent être fécondes en ce sens.

 

 

 

LES SIX CATEGORIES DU BLOG

La 1ère catégorie, qui concerne le thème des groupes d'entraide , a pour but de poursuivre de façon interactive la réflexion sur les problématiques soulevées dans mon livre, notamment autour du paradigme de la réduction des risques (Texte 6. Manquer sans entraves ) dont la symbolique sociale dépasse le cadre des addictions. Le texte essentiel de cette catégorie est Texte 1. Livre sur les groupes d'entraide. On touvera une conception originale de l'abstinence dans Texte 3. Joie de la sobriété ,

 

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http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=30395

 

La 2ème catégorie, appelée philosociale , s’appuie sur mes cours de philosophie pour travailleurs sociaux, et vise à sensibiliser des lecteurs profanes dans cette discipline à un certains nombre de thèmes, de problématiques, de concepts fondamentaux de la philosophie. C’est sans doute la catégorie la plus traditionnelle du blog, quoique la problématique des séquences primordiales soit encore une manière de faire référence à cette expérience source. Dans la série des philosophes du Contrat, on trouve Texte 3. Hobbes Texte 4. Le moment du pacte social chez Rousseau et  Texte 5. Rawls et le voile de l'ignorance

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La 3ème catégorie, appelée actuphilo , s'intéresse à toute sorte de sujets, de livres, films, etc. ayant quelques enjeux philosophiques. Par exemple, la polémique déclenchée par Onfray a été l'occasion de deux articles, dans lesquels je m'éleve contre la position outrancière de cet auteur, mais au nom d'une critique plus fine de la psychanalyse (Texte 2. Pour une critique digne de ce nom  et Texte 3. Autour de la psychanalyse ). Le dernier article est  texte 6. Miller / Lacan: le réel insensé

 

 

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La 4ème catégorie, appelée voyageur pélerin , fait clairement référence aux expériences source que jévoque plus haut, puisqu’elle concerne le voyage, conçu dans sa dimension d’itinéraire initiatique, la marche, le yoga, les émotions et  les enseignements liés à ces sortes d’aventures ou d’expériences plus ou moins paroxystiques. C’est dans cette catégorie que s’est d’abord imposé pour moi le thème de la présence ( Texte 2. Installer la présence ) avec l’expérience de la marche de randonnée.  Compte tenu de mon actualité personnelle, d'autres articles (Texte 3. Aurore ) portent sur Compostelle.

 

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La 5ème catégorie, appelée Transmission , touche à la façon dont différentes activités culturelles – approche de l’histoire de l’art, littérature, initiation à la philosophie – peuvent constituer un apport thérapeutique. L’article  Texte 2. Considérations sur l'art d'aimer (reprise d'une séries d'interventions pendant trois mois dans le Centre de soins où j'exerce) indique que, d’un certain point de vue, l’amour fait incontestablement partie de ces expériences source. Une réflexion sur le stoïcisme et la mort (Texte 3. Enjeux existentiels liés à la question de la mort ) permet d’approfondir l’approche existentialiste de Fromm.

 

 280px-Eug%C3%A8ne Delacroix - La Mort de Sardanapale

 

 

 La 6ème catégorie, appelée Création littéraire , consiste à élaborer des Nouvelles inspirées par les thèmes du voyage, de l’expérience initiatique, du pèlerinage, etc.  Ici, le lecteur trouvera le début de Texte 1. Kaschi express, où il s'agit de voir ce que devient cette expérience, et plus généralement l'irruption du merveilleux dans l'Inde contemporaine. Des idées, mais un manque de temps pour l’instant. Cependant le camino me fournira sans doute encore de la matière pour persévérer dans cette expérience littéraire.

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L'EXPERIENCE "SOURCE D'EVOLUTION EXISTENTIELLE"

Que faut-il entendre par cette étrange expression ? Elle désigne toutes ces expériences qui, au cours d'une vie humaine, sont au principe d'une modification importante, d'un franchissement de cap vers une vie meilleure, plus riche humainement. Il n'est pas forcément question du grand soir mystique de la conversion radicale, mais, plus modestement, de processus de passage, de prises de conscience; ou encore de ce que l'on appelle en psychothérapie des "insights". Ces phénomènes peuvent se produire en lien avec des rencontres, des expériences typiques (yoga, méditation, pélerinage, groupes d'entraide, etc.), mais aussi à la suite d'une tragédie, d'une crise (décès d'un proche, séparation, etc.), ou encore de façon progressive (perception de l'absence de sens d'une vie). Il peut aussi s'agir d'une découverte philosophique, de même que, en esthétique, ce que j'appellerais un processus de subjectivation contemporain du rapport à une oeuvre d'art. C'est donc cet ensemble de phénomènes très divers que je cherche à subsumer sous cette expression.

 

Mais, pourquoi ne pas parler "d’expérience-source d’évolution spirituelle" ? Le souci, bien connu, avec la spiritualité, c’est le risque de galvaudage :  elle est menacée par une sorte de kitch « spiritualo New age » que l'on trouve aujourd'hui un peu partout. Pourtant, je ne renie pas entièrement certains aspects de la pensée New age, au sens où, d’une part, je conteste le réductionnisme psychanalytique concernant l’expérience religieuse, ou spirituelle ; et d’autre part, je crois, comme William James, que cette expérience peut se manifester de façons multiples, et qu'elle n'est donc pas nécessairement destinée à une cristallisation dans un dogme traditionnel. De plus, contrairement à une représentation commune le New Age ne date pas de la fin du 20ème siècle, mais du 19ème avec des groupes comme la société théosophique de Madame Blavatski, qui, par une sorte de syncrétisme universaliste, cherchaient à extraire ce qui est le plus fécond dans chaque religion singulière. De nombreux artistes des avant-gardes (Kupka, Klee, etc.) ont d'ailleurs adhéré à ce type de sociétés.

Reste que cette pensée est toujours susceptible de sombrer dans une sorte de bric à brac spirituel douteux, sans consistance, une sorte de "matérialisme spirituel".

En outre, dans ce champ pas plus que dans un autre, je crois que la dimension socio politique ne peut être esquivée. Comme dans beaucoup d’autres domaines, les pratiques de « disciplines de soi » (yoga, zen et leurs dérivés) ont été récupérées en grande partie par "le nouvel esprit du capitalisme". En effet, il y a longtemps que le management, les départements des ressources humaines, bref l’idéologie néo libérale, s'est appropriée ces pratiques qui permettent de psychologiser les rapports sociaux et qui n'ont, finalement, pas d'autres buts que de rendre les cadres plus productifs. C'est donc ce type de pièges que je tiens à prendre aussi en considération. 

 

Dès lors, tenant à conserver le paradigme du développement de soi, le credo de l'évolution, etc., mon problème est de ne pas basculer dans des facilités, ou des formes d'aveuglement. Mais la voie est étroite, et cela signifie qu'il me faut me situer à la limite, sur une crête, en équilibre toujours instable, pour ainsi dire, et continuer mes recherches sur ces expériences source en ayant constamment en tête ces pièges. Par exemple, les études par le psychologue américain Maslow  sur les différentes manifestations de l’expérience paroxystique sont intéressantes à mon sens, mais cet auteur me semble succomber à une instrumentalisation managériale (Texte 5. Usages et mésusages de la spiritualité ) que je souhaite pour ma part éviter. Il va de soit qu'il serait pire encore de se dissoudre dans les sphères éthérées d'un délire irrationnel ! 

 

Face à ces menaces, quatre parades : 1 – une exigence conceptuelles sans faille - et donc du travail ; 2 – une éthique rigoureuse ; 3 - un dialogue avec les autres disciplines, comme la psychanalyse, ou les neurosciences, notamment; 4 - ancrer, ou lester, cette pensée par une référence quasi-constante à la philosophie existentialiste, à ses thèmes qui trament le fond tragique de notre humaine condition. Dans la mesure où ces enjeux de l'existence (mort, solitude, responsabilité, absence de sens) nous mettent face à l'essentiel, et donnent profondeur et consistance à la pensée ( texte 4. Mortel paradoxe ), il me semble que peuvent être ainsi évités certains risques de superficialité de la pensée (Texte 3. Enjeux existentiels liés à la question de la mort ).

Revalorisation donc de ces thèmes du risque et de l'épreuve - qui peuvent constituer aussi en eux-mêmes des expérience source d'évolution -, mais qui, là aussi, me font courir un danger, inverse cette fois : celui de la régression réactionnaire. A ce niveau aussi, je dois donc me situer sur une crête. Se situer et maintenir un équilibre entre deux abymes - d'une part la dissolution dans des sphères éthérées, de l'autre le repli réactionnaire -, l'exercice n'est pas forcément facile. Mais, ruse de la raison, c'est sans doute cette situation inconfortable qui permet à la pensée de rester vivante, alerte, et d'éviter ainsi les tentations dogmatiques.

 

 

EN CONCLUSION

Les lecteurs de ce blog sont peu nombreux. Il y a quelques fidèles, je le sais. Mais surtout, là aussi comme une évidence, je fais jour après jour la découverte que l’écriture fait partie des expériences-source d’évolution existentielle que je ne cesse d'évoquer. Autrement dit, j’aimerais, certes, être lu par des milliers de personnes ; mais cet aspect est malgré tout secondaire. Cette expérience me permet de mieux comprendre le discours de Rilke au jeune poète : l'essentiel n'est pas ce qu'en pensent les autres. Comme la vertu chez Spinoza, je fais avec un certain émerveillement – ou disons une certaine effervescence - l’expérience concrète que la récompense de l’écriture est immanente à l’écriture, qu’elle est contenue dans l’écriture elle-même.

 

Dernier livre de Pascal Coulon : René Girard, L'impensable violence (Germina 2011) ; une étude de l'oeuvre du grand anthropoloque français, de la façon dont s'articulent ses théories majeures, de son dialogue avec l'oeuvre freudienne et avec celle de Levi Strauss et des controverses autour de sa réflexion

 

A paraître : Guérir par la philosophie (Germina 2014); une étude des liens entre thérapie et philosophie

 

 

N’hésitez pas à envoyer vos commentaires ; réponse garantie.

 

Au plaisir d’échanger avec vous.

 

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 Pascal Coulon

 

 

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Fraterblog

  • : Le blog de fraterphilo.over-blog.com
  • : Dans Fraterphilo, les idées de soin, d'art thérapie, de réflexion philosophique, de yoga et de pèlerinage constituent un lien et une trame pour ce qui se construit progressivement : ce que j'appelle une philosophie de "l'expérience-source d'évolution existentielle".
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TRANSMETTRE

La transmission de la philosophie et de l'esthétique est une chose difficile qui requiert la concentration de l'étudiant. Elle ne relève donc pas d'un discours démagogique ou sophistique dont la popularité médiatique n'a souvent d'égal que la pauvreté conceptuelle. Inversement, à l'attention des profanes, il ne peut s'agir non plus de procéder selon un discours élitiste, du type normalien. En ce qui me concerne, je dirais que mon but et ma profession de foi, que ce soit dans mes conférences, mes ateliers ou sur ce blog, c'est de tendre à rendre accessibles ces choses difficiles avec un minimum de déperdition conceptuelle.

 

 

 

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Penser la violence ; l'oeuvre de Girard

Paru en Mars 2018 chez HDiffusion, Penser la violence de Pascal Coulon. 20 euro dans toutes les "bonnes librairies"

 

 

La violence a fait au cours des deux derniers siècles l'objet d'une pléthore de recherches dans bien des domaines, et nombreux sont les livres qui ont traité de la question en lui apportant des réponses fécondes. Bien peu cependant l'ont abordée dans sa dimension génétique essentielle de violence fondatrice. Et, pour cause ! Penser que toutes les communautés humaines et l'ensemble des processus civilisateurs, avec leurs rites, leurs cultures, etc., trouvent leurs origines dans une violence radicale qui en constitue la fondation ne va pas de soi ! De ce point de vue, Freud semble bien avoir la paternité de l'idée fondamentale d'un meurtre initial, paradoxalement à la source de la civilisation, de la morale et de la religion. Mais ne s'agit-il pas d'un mythe ? La question de la violence ne requiert-elle pas plutôt une méthode indiciaire, s'appuyant sur des recherches et un matériau anthropologiques ? L'oeuvre de René Girard tend dans un effort continu, magistral et souvent solitaire à remonter contre vents et marées aux sources d'une violence à la fois effective, revenant périodiquement, fondatrice et génétique. Sans omettre les failles de la doctrine, l'auteur met clairement en évidence l'articulation des théories girardiennes, désir mimétique, victime émissaire, méconnaissance, et nous en découvre la fécondité pour penser notre époque. (4ème de couverture)

Pages

LES GROUPES D'ENTRAIDE

Pascal Coulon, LES GROUPES D'ENTRAIDE

Une thérapie contemporaine

Psycho-Logiques
 

De nombreuses personnes trouvent dans les groupes d'entraide des ressources pour lutter contre leurs souffrances, se reconstruire psychologiquement et recréer du lien social. Quel est le véritable potentiel de ces groupes ? Quelles sont les origines de ces fraternités ? Quelles sont leurs valeurs ? Comment expliquer leur relative confidentialité et les résistances que ces groupes rencontrent en France ? Cet ouvrage met en lumière les polémiques qui opposent vainement la psychanalyse aux autres thérapeutiques de groupe face aux sujets addictés.


L'Harmattan, 22,50 euro
ISBN : 978-2-296-10844-8 • février 2010 • 226 pages

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